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Premières semaines du chaton : de la naissance au sevrage

il y a 2 jours
8 min de lecture
Aela avec ses chatons Bengal nouveau-nés – premières semaines de vie du chaton
Aela et ses chatons Bengal nouveau-nés à la chatterie Ti ar Steredenn.

Les premières semaines du chaton sont une période de transformations incroyablement rapides.


À la naissance, il dépend entièrement de sa mère. Quelques semaines plus tard, il marche, joue avec ses frères et sœurs, découvre la nourriture et commence déjà à construire une partie de son comportement de futur chat adulte.


Derrière cette évolution se trouve bien sûr la maman, mais aussi une surveillance quotidienne de l’éleveur.


Et aucune portée ne ressemble vraiment à une autre. Le nombre de chatons, leur évolution, mais également le caractère et l’expérience de la mère peuvent complètement modifier la façon dont nous accompagnons ces premières semaines.


À Ti ar Steredenn, nos dernières portées nous en ont offert un bel exemple avec Aela, Bengal primipare, et Yin, Maine Coon qui vivait sa deuxième portée.


Retrouvez ces deux mamans et leurs petits sur notre page consacrée aux mariages et naissances de nos Bengals et Maine Coons.


À la naissance : observer, accompagner et parfois intervenir


Le chaton qui vient de naître est encore extrêmement immature. Sa mère lui apporte chaleur, nourriture, nettoyage et stimulation.

Lors de la mise bas, elle libère normalement ses petits de leurs enveloppes, les nettoie et s’occupe des cordons ombilicaux.

Mais toutes les naissances ne se déroulent pas de la même manière.

Pour sa première portée, Aela était très stressée. J’ai dû l’aider davantage que je ne l’aurais fait avec une chatte plus expérimentée : j’ai coupé les cordons ombilicaux et nettoyé deux de ses bébés.

J’ai également fermé la porte de sa boîte de naissance. Elle avait besoin de se sentir complètement protégée et isolée pour retrouver son calme et se consacrer à ses petits.

Le rôle de l’éleveur n’est donc pas d’intervenir systématiquement. Il faut observer la mère, respecter son comportement et savoir reconnaître les moments où elle ou ses chatons ont réellement besoin d’aide.


Aela avec ses chatons Bengal nouveau-nés après la mise bas
Aela et ses chatons Bengal à la naissance


La chaleur du nid : une priorité pour le nouveau-né


Pendant ses premières semaines, le chaton ne régule pas encore correctement sa température corporelle. Il dépend donc de la chaleur de sa mère, de sa fratrie et de son environnement.


Durant les tout premiers jours, le nid doit être maintenu autour de 30 à 32 °C, puis la température peut être diminuée progressivement à mesure que les petits grandissent.

Cette surveillance est particulièrement importante juste après la naissance. Un chaton encore humide peut se refroidir très rapidement. Lorsqu’il faut prendre le relais de la maman, le nettoyer et le sécher permettent aussi de limiter cette perte de chaleur avant de le remettre rapidement auprès d’elle.


À retenir : la chaleur avant le lait

Un chaton refroidi doit d’abord être réchauffé avant d’être nourri.
C’est particulièrement important lorsqu’un biberonnage est nécessaire. Un chaton en hypothermie tète moins efficacement et son organisme n’est pas dans de bonnes conditions pour recevoir et digérer le lait.
Lorsque l’on voit un nouveau-né faible, le premier réflexe pourrait être de vouloir lui donner immédiatement un biberon. Pourtant, le réchauffer progressivement est prioritaire. Une fois le chaton suffisamment réchauffé, il pourra être nourri dans de meilleures conditions.
La chaleur passe avant le lait.

Toutes les mamans sont différentes


Aela me fait confiance. Elle accepte ma présence et que je manipule ses petits lorsque cela est nécessaire. Mais cette confiance ne signifie pas qu’elle apprécie de longues manipulations.


Avec elle, les contrôles doivent donc être rapides et efficaces, afin de perturber le moins possible la maman et ses chatons.


Pour identifier immédiatement chaque petit, je leur mets des colliers de couleur. Lors de la pesée quotidienne, je sais ainsi tout de suite quel chaton j’ai devant moi : je le pèse, note son poids et le remets rapidement auprès d’Aela.


C’est un détail très simple, mais précieux lorsqu’une maman est stressée : chaque manipulation est raccourcie au maximum.


Le suivi doit s’adapter à la maman, et non l’inverse.


La pesée quotidienne : quelques grammes qui comptent beaucoup


À Ti ar Steredenn, les chatons sont pesés quotidiennement pendant cette période.

Cette pesée permet de suivre individuellement leur évolution et surtout de repérer rapidement une stagnation ou une perte de poids.


La surveillance de la croissance fait partie du suivi sanitaire de nos chatons. Découvrez également les soins et les mesures de prévention mis en place dans notre élevage.


Car observer un petit téter ne suffit pas toujours à savoir s’il reçoit suffisamment de lait. C’est particulièrement vrai avec une portée nombreuse : tous les chatons n’ont pas nécessairement la même vigueur et la concurrence autour des mamelles peut être importante.


La balance devient alors un outil précieux. Mais le poids n’est jamais observé seul : le comportement du chaton, sa tonicité, sa façon de téter et son évolution générale comptent également.


L’allaitement : la maman reste irremplaçable


Lorsque tout se passe normalement, la mère accomplit naturellement l’essentiel du travail.

Les nouveau-nés tètent régulièrement et passent encore une grande partie de leur temps à dormir blottis contre elle et leur fratrie.


Le rôle de l’éleveur consiste alors surtout à surveiller leur évolution et à offrir à la maman de bonnes conditions pour s’occuper de ses petits.


Notre objectif reste toujours le même : laisser la maman accomplir naturellement son rôle et intervenir seulement lorsqu’elle ou ses chatons ont besoin d’un soutien.


Chatons Bengal nouveau-nés tétant leur maman à la chatterie Ti ar Steredenn
Allaitement des chatons Bengal par leur maman

Avec Yin : une maman beaucoup plus détendue


Avec Yin, l’expérience est très différente.


Maine Coon et maman pour la deuxième fois, elle est beaucoup plus détendue face à mes interventions. Elle me laisse manipuler et peser ses petits sans manifester le même stress qu’Aela.


Mais cette portée comptait huit chatons. Les pesées quotidiennes ont montré que certains perdaient du poids ou n’en prenaient pas suffisamment. J’ai donc mis en place des biberons complémentaires pendant la journée.


Avant de complémenter un petit, je veille toujours à ce qu’il soit suffisamment chaud. Comme nous l’avons vu plus haut, un chaton refroidi doit d’abord être réchauffé avant de recevoir son biberon.


Yin a très bien accepté cette aide. Le biberonnage ne remplaçait pas son allaitement : il venait simplement le compléter lorsque les besoins de huit petits devenaient importants.

Elle accepte également que je l’aide pour l’hygiène de ses chatons, notamment lorsqu’il faut nettoyer les urines et les selles.


Là encore, l’objectif n’est pas de prendre la place de la maman, mais de l’accompagner et de l’aider lorsque cela devient nécessaire.


De leurs premiers instants de vie à leurs premières découvertes, nos chatons grandissent entourés d'attention et de soins. Vous souhaitez suivre leur évolution ou accueillir un nouveau compagnon ? Découvrez nos chatons Bengals et Maine Coons disponibles.


Chaton Maine Coon nourri au biberon en complément de l’allaitement maternel
Lorsque la prise de poids est insuffisante, un biberonnage complémentaire peut venir soutenir l’allaitement maternel.

Les premières semaines du chaton : Breizh semaine après semaine


Pour illustrer cette évolution, voici Breizh, chaton Maine Coon né à Ti ar Steredenn, photographié au fil de ses premières semaines.


À seulement quelques jours d’intervalle, les changements sont déjà impressionnants : son regard s’éveille, son corps se développe et ses déplacements deviennent progressivement plus assurés.

Breizh, chaton Maine Coon à 1 semaine au début de son développement
Breizh à 1 semaine Encore totalement dépendant de sa maman.

Breizh, chaton Maine Coon à 2 semaines, les yeux ouverts et découvrant son environnement
Breizh à 2 semaines Les yeux ouverts, il découvre son environnement.
Breizh, chaton Maine Coon à 3 semaines se tenant sur ses pattes
Breizh à 3 semaines Plus assuré sur ses pattes, il commence à explorer.

Les premiers déplacements et les premiers jeux


À mesure que les jours passent, les chatons deviennent de plus en plus mobiles. Leurs premiers déplacements sont encore maladroits, puis ils gagnent rapidement en équilibre et en assurance.


Ils commencent aussi à s’intéresser davantage à leurs frères et sœurs. Les premiers contacts se transforment peu à peu en jeux : ils se poursuivent, se donnent de petits coups de patte, se mordillent et apprennent à maîtriser leurs mouvements.


Ces moments peuvent sembler anodins, mais ils participent pleinement à leur développement. En jouant avec leur fratrie, les chatons commencent à apprendre les codes félins et les limites dans leurs interactions.


Leur environnement s’agrandit lui aussi progressivement. Le nid, qui représentait jusque-là presque tout leur univers, laisse place à de nouvelles découvertes adaptées à leur âge.


La découverte de la nourriture et le début du sevrage


En grandissant, les chatons commencent progressivement à s’intéresser à autre chose qu’au lait de leur mère. Ils observent, reniflent et finissent par découvrir leurs premiers aliments.


Le sevrage alimentaire est une transition progressive. Il ne s’agit pas de remplacer brutalement le lait maternel, mais de permettre aux chatons de découvrir peu à peu une alimentation adaptée à leur âge, tout en continuant à téter leur maman.


Au début, certains se montrent immédiatement curieux tandis que d’autres préfèrent encore largement le lait. Là encore, chaque chaton évolue à son propre rythme.


Leur système digestif étant encore immature, cette étape doit se faire en douceur. Au fil des semaines, la part d’alimentation solide augmente naturellement tandis que les tétées deviennent progressivement moins importantes.


Le sevrage ne correspond donc pas à une rupture soudaine avec la maman : c’est une période de transition pendant laquelle le chaton gagne progressivement en autonomie.


Le choix d'une alimentation adaptée est essentiel pour accompagner la croissance des chatons. Découvrez nos conseils sur l'alimentation du chaton, du sevrage à son arrivée dans sa nouvelle famille.


Bluebell, chaton Maine Coon découvrant la nourriture pendant le sevrage
Bluebell découvre ses premiers repas… et comme beaucoup de chatons, elle préfère encore s’installer directement dans la gamelle !

Apprendre progressivement à devenir un chat


Grandir ne consiste pas seulement à prendre du poids, apprendre à marcher ou découvrir une nouvelle alimentation. Pendant ces premières semaines, le chaton acquiert aussi une grande partie des comportements qui lui permettront de devenir un jeune chat équilibré.


La maman joue un rôle essentiel dans cet apprentissage. Par ses réactions, elle apprend progressivement à ses petits certaines limites et participe à leur éducation.


La fratrie est tout aussi importante. En jouant ensemble, les chatons apprennent à communiquer, à contrôler leurs morsures et leurs griffes et à adapter leurs réactions face aux autres.


C’est également pendant cette période que nous les habituons progressivement à la présence humaine et aux bruits normaux de la maison. Les manipulations restent adaptées à leur âge et à leur caractère, mais elles font peu à peu partie de leur quotidien.


À Ti ar Steredenn, nos chatons grandissent ainsi au contact de leur maman, de leur fratrie et de la vie de la maison. Cette période contribue à préparer leur future vie en famille.


Cette préparation se poursuit dans leur nouvelle famille. Pour accueillir votre futur compagnon dans les meilleures conditions, découvrez nos conseils pour préparer l'arrivée d'un chaton à la maison.


Le rôle de l’éleveur : trouver la bonne place


Les portées d’Aela et de Yin illustrent parfaitement une réalité de l’élevage : il n’existe pas une seule façon d’accompagner une portée.


Avec Aela, jeune maman pour la première fois et plus facilement inquiète, il a fallu intervenir avec discrétion, limiter la durée des manipulations et respecter son besoin de tranquillité.

Avec Yin, déjà maman pour la deuxième fois et beaucoup plus détendue, ma présence auprès des petits était vécue tout autrement. J’ai pu l’aider davantage, notamment avec les biberons complémentaires et les soins quotidiens des huit chatons.


Dans les deux cas, mon rôle reste le même : observer avant d’intervenir, surveiller l’évolution de chaque petit et m’adapter à la maman comme à ses chatons.


Être présent ne signifie pas tout faire à leur place. Cela signifie surtout savoir quand laisser la nature suivre son cours… et quand donner un petit coup de pouce.


Quelques semaines qui comptent énormément


Entre la naissance et le sevrage, quelques semaines seulement suffisent pour voir un nouveau-né entièrement dépendant devenir un petit chat curieux, joueur et de plus en plus autonome.


Derrière cette évolution se cachent de nombreuses petites attentions quotidiennes : surveiller la température du nid, peser les chatons, observer les tétées, suivre leur croissance, accompagner la découverte de la nourriture et intervenir lorsque cela devient nécessaire.


Certaines portées demandent davantage d’aide que d’autres, certaines mamans ont besoin d’être rassurées tandis que d’autres acceptent volontiers que nous participions aux soins de leurs petits.


Mais une chose reste essentielle : la maman demeure irremplaçable. L’éleveur est là pour observer, accompagner et soutenir cette relation, jamais pour s’y substituer inutilement.

C’est aussi ce qui rend chaque portée unique : apprendre à connaître chaque maman et chacun de ses petits, pour savoir quand les laisser faire… et quand leur apporter un peu d’aide.


Ces premières semaines font partie des moments les plus intenses de la vie de la chatterie, mais aussi des plus beaux : voir chaque chaton évoluer jour après jour jusqu’à devenir suffisamment autonome pour poursuivre les prochaines étapes de son développement.




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