Chats noirs et sorcières : histoires vraies et contes pour Halloween
Une silhouette sombre traverse le jardin. Deux yeux brillent dans la nuit. Au loin, une branche grince contre une fenêtre…
Il suffit parfois d’un chat noir et d’un peu d’imagination pour transformer une soirée d’automne en histoire mystérieuse.
À Halloween, il accompagne les sorcières, se glisse entre les citrouilles et observe les passants depuis les illustrations. Pourtant, derrière ce personnage de légende se cache un véritable animal, auquel les humains ont prêté bien des pouvoirs.
Chat noir et Halloween : pourquoi l'associe-t-on aux sorcières ? A-t-il toujours été considéré comme un porte-malheur ? Et que racontent les histoires documentées, lorsqu’on les distingue des contes ?
Installez-vous confortablement : nous partons à la rencontre des chats de l’ombre…

Chat noir et Halloween : pourquoi l'associe-t-on aux sorcières ?
Dans certaines croyances européennes, notamment anglaises, on attribuait aux sorcières un compagnon surnaturel appelé un « familier ». Celui-ci pouvait prendre une forme animale.
Le chat faisait partie de cet imaginaire, mais il n’était pas le seul : d’autres animaux apparaissaient aussi dans les récits. L’élégant félin noir installé près d’un chaudron n’est donc qu’une représentation parmi plusieurs traditions.
Ces croyances ont parfois nourri de véritables accusations. Des personnes ont été soupçonnées de sorcellerie dans un contexte où l’on interprétait certains événements à travers la peur du surnaturel.
Les accusations sont des faits historiques. Les pouvoirs attribués aux animaux, eux, relèvent des croyances de l’époque.
Aujourd’hui, la sorcière et son chat noir forment surtout un duo familier des décorations d’Halloween. Leur silhouette raconte immédiatement une histoire : une maison isolée, une nuit brumeuse… et quelque chose d’inexpliqué derrière la porte.
Le chat noir porte-t-il malheur… ou bonheur ?
Tout dépend de la tradition que l’on écoute !
Dans certaines croyances, croiser un chat noir serait un mauvais présage. Dans d’autres, la même rencontre annoncerait de la chance.
Cats Protection rapporte notamment une tradition écossaise selon laquelle l’arrivée d’un chat noir sur le seuil d’une maison serait un signe de prospérité. L’association évoque également des croyances britanniques et japonaises qui donnent une interprétation favorable au chat noir traversant votre chemin.
Ces contradictions sont révélatrices : ce n’est pas le chat qui change, c’est l’histoire que les humains racontent à son sujet.
Un même animal peut devenir inquiétant ou bienveillant selon le pays, la famille ou le conte entendu pendant l’enfance.
Deux histoires vraies de chats qui ont laissé leur trace
Les chats n’ont pas besoin de pouvoirs magiques pour accompagner des aventures extraordinaires. Certains ont même trouvé leur place dans les archives.
Trim, le compagnon d’un navigateur
Trim naît en 1799 à bord du Reliance. Ce chat accompagne ensuite le navigateur Matthew Flinders sur l’Investigator, lors de son voyage autour de l’Australie.
Dans le portrait qu’il lui consacre, Flinders décrit un pelage noir, des pattes blanches et une marque blanche sur la poitrine. Trim n’était donc pas entièrement noir, mais son histoire mérite une place parmi nos félins de la nuit.
Le navigateur lui porte assez d’affection pour rédiger un hommage biographique, aujourd’hui conservé dans les collections des Royal Museums Greenwich.
Imaginez ce petit compagnon au milieu des cordages, des cartes et de l’agitation du navire. Aucun sortilège documenté : simplement un chat dont la présence a profondément marqué son humain.
Son souvenir demeure jusque dans certaines statues de Flinders, où il apparaît aux pieds du navigateur.
Saxon, le chat noir d’une aventure pour le droit de vote
En 1916, Alice Burke et Nell Richardson traversent les États-Unis en voiture pour défendre le droit de vote des femmes.
Pendant leur voyage, elles adoptent un chat noir, nommé Saxon en référence au constructeur de leur véhicule. Il devient leur mascotte officieuse.
Le National Park Service conserve le récit de cette aventure et des documents d’époque montrant les deux femmes avec leur compagnon.
Saxon n’appartenait pas à une sorcière de conte : il accompagnait deux femmes engagées dans une véritable campagne politique.
Une autre façon de regarder le chat noir : comme un compagnon de route, associé à une histoire de détermination plutôt qu’à un mauvais présage.
Le matagot, un chat des légendes françaises
Dans certaines traditions du sud de la France, on rencontre le matagot, parfois présenté comme un chat magique.
Selon les versions rapportées, bien traiter ce mystérieux compagnon pouvait apporter la fortune à la maison. Nous sommes ici dans le folklore : il existe plusieurs récits, et aucune raison de les prendre pour des événements établis.
Mais cette figure mérite d’être évoquée à Halloween. Elle montre qu’un chat sombre pouvait aussi être imaginé comme un être précieux, dont la présence était favorable.
L’idée de richesse promise appartient au conte. Celle de prendre soin du chat, en revanche, peut parfaitement rester dans la réalité.
Un conte pour Halloween : la sorcière qui avait peur du noir
Le récit qui suit est un conte original, imaginé pour cet article. Il ne s’agit ni d’une histoire vraie ni d’une légende bretonne traditionnelle.
Au bout d’un petit chemin breton vivait une sorcière nommée Azénor.
Elle connaissait les plantes de son jardin, préparait des soupes parfumées et possédait un balai qui balayait fort bien. En revanche, elle avait un secret embarrassant pour une sorcière :
Azénor avait peur du noir.
Chaque soir, elle fermait ses volets avant que la dernière lumière ne quitte le ciel. Elle vérifiait la porte deux fois, regardait sous son lit et gardait une lampe près de son fauteuil.
La veille d’Halloween, trois petits coups retentirent contre sa porte.
Toc. Toc. Toc.
— Qui est là ? demanda-t-elle.
Personne ne répondit.
Puis elle entendit :
— Miaou.
Sur le seuil attendait un chat noir. La pluie avait déposé de minuscules perles sur ses moustaches.
Azénor hésita.
Elle avait entendu tellement d’histoires sur les chats noirs qu’elle ne savait plus lesquelles croire. Mais le visiteur éternua, secoua une patte mouillée et la regarda de nouveau.
Cela ressemblait beaucoup plus à un chat qui voulait se mettre au sec qu’à une apparition maléfique.
— Entre donc, dit-elle.
Le chat inspecta la pièce, passa derrière le fauteuil, renifla le balai et choisit finalement un coussin.
Azénor lui donna le nom de Minuit.
Le soir suivant, une bourrasque secoua la maison. Les branches frappèrent les volets. Puis la lampe s’éteignit.
La sorcière se figea.
Dans l’obscurité, quelque chose bougea.
Une ombre passa devant la fenêtre.
Un bruit léger vint du couloir.
— Minuit ? murmura-t-elle.
Deux yeux apparurent près du fauteuil.
Azénor retint son souffle.
Puis une petite tête poussa sa main.
Minuit sauta sur ses genoux, tourna trois fois sur lui-même et se mit à ronronner.
La sorcière resta immobile un instant. Elle sentit le poids du chat, la chaleur de son corps et le mouvement régulier de sa respiration.
Dehors, les branches continuaient de grincer. Mais elle reconnaissait maintenant leur bruit.
Dans le couloir, le manteau accroché à la patère avait glissé au sol. Voilà donc le mystérieux visiteur.
Quant à l’ombre devant la fenêtre, c’était celle du pommier.
Azénor retrouva sa lampe et la ralluma.
Minuit ouvrit un œil, manifestement contrarié par cette interruption.
— Tu sais, lui dit-elle, je crois que je n’avais pas besoin d’un grand sortilège ce soir.
Le chat étira une patte.
— J’avais surtout besoin de compagnie.
Depuis cette nuit, Azénor vérifiait toujours sa porte avant de dormir. Mais elle ne regardait plus sous son lit avec inquiétude.
Elle y cherchait simplement Minuit.
Et lorsqu’on lui demandait si son chat noir possédait un pouvoir extraordinaire, elle répondait :
— Il a réussi à me faire laisser mon meilleur fauteuil. C’est déjà assez impressionnant.
Un Halloween agréable pour les vrais chats
Dans les contes, les chats suivent les sorcières au milieu des ombres. Dans nos maisons, ils ont surtout besoin de pouvoir vivre la soirée tranquillement.
Les sonnettes répétées, les visiteurs et les costumes peuvent les surprendre. Préparez un endroit calme où votre chat pourra se retirer et surveillez les ouvertures de porte.
Gardez les friandises hors de sa portée, notamment le chocolat, toxique pour les chats. Attention également aux fausses toiles d’araignée, aux fils et aux flammes des bougies. Une lumière LED dans la citrouille évite d’y laisser une flamme accessible.
Pour une jolie photo, vous pouvez installer un décor à proximité et laisser votre chat venir librement. Il n’a pas besoin d’un déguisement pour participer à l’ambiance.
Pour aller plus loin dans le bien-être de votre compagnon, découvrez également notre article « Deux chats ou un seul : sont-ils vraiment plus heureux à deux ? ».
Ce soir, quelle histoire choisirez-vous ?
Un navigateur et son fidèle compagnon ? Un petit chat noir embarqué dans une aventure historique ? Un matagot mystérieux ? Ou une sorcière rassurée par un ronronnement ?
À Ti ar Steredenn, nous aimons les histoires que les chats font naître. Halloween nous offre une belle occasion de les raconter, tout en regardant les véritables animaux avec attention et affection.
Et vous, partagez-vous votre maison avec un chat noir, noir et blanc ou black smoke ? Quel est son nom ? A-t-il une petite habitude qui ferait de lui un personnage de conte ? 🎃🐾




Commentaires